• Pâques , ce sont des souvenirs d'enfance qui remontent à la surface.

    Je revois les femmes de mon village, ma mère, ma tanteMarfise Colombani, , LilineSimoni, , Marie-Jeanne Graziani, en train de préparer le four , (dans le jardin chez Liline), qui ne servait qu'à cette occasion: il y avait longtemps que le pain n'était plus fait dans chaque maison!

     

    Le four allait servir à cuire les gâteaux qui étaient traditionnellement faits à cette période de l'année : « les canistrelli »:sorte de gâteaux secs au vin blanc , les » migliacci ou "casgiade" », les « curconi »: avec du fromage frais et de la brousse, les campanile pour les enfants : sorte de brioche en forme de couronne avec un oeuf dur(ou 2) incrusté.

    Nous les enfants, nous aidions à porter les plaques sur lesquelles étaient les gâteaux ; mais ces gâteaux étant préparés le vendredi saint , il était absolument interdit d'y toucher : il fallait faire carême! Et c'était le supplice de Tantale: ces odeurs délicieuses juste sous notre nez !!

     

    Pourtant personne ne bravait l'interdit! Nous avions trop peur d'aller griller en enfer!!

    Mais il y avait une convivialité , des rires , du bonheur tout simple.

     

    Ensuite c'était bien sûr , les oeufs qu'on peignait et qui étaient posés sur la table du salon pour être bénis ainsi que la maison , par le curé qui passait de maison en maison avec les enfants de choeur!.

     

    Et les oeufs cachés dans le jardin là aussi, défense d'y aller avant d'entendre sonner les cloches qui rentraient de Rome: il n'y en avait qu'un gros ou de tout petits oeufs colorés enfermés dans un jouet en plastique transparent; mais pour nous c 'était le bonheur!

     

    Le jour de Pâques, , qu'il pleuve , qu'il vente ou qu'il fasse beau, nous mettions nos habits neufs printaniers!

    Et nous allions faire la « merendella » (la dînette) entre gamins : en général nous partions avec des sacs très lourds; pas très loin du village ; à 10h 30 nous ne savions plus quoi faire : on mangeait et à 12h  » nous étions de retour à la maison sous les yeux étonnés de nos parents qui pensaient nous voir rentrer à la nuit tombée!!

     


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    Vénéranda

    Mariage de Pierre Colonna et Madeleine Nasica


    Qui se souvient de Vénéranda? c'était une très vieille femme (du moins dans mon souvenir); elle vivait très chichement du produit de son travail: jardin et bêtes ; elle habitait la maison dans la stretta (maintenant c'est Laurence ,la fille de Gabrielle, qui habite là);
    elle rentrait souvent avec son fagot de bois sur la tête, car elle faisait sa cuisine au feu de bois.
    Quand il y a eu de grandes chutes de neige en 1934( près de deux mètres!), elle essayait de raconter , en français, ces évènements:
    -" Vous savez," racontait-elle, il y avait des "jambons gros comme ça, qui tombaient des arbres!!"(il faut savoir qu'en langue corse, pour désigner des grosses branches ,on dit :"'ghjamboni"(prononcez: "dianboni"); donc pour elle , la traduction , c'était "jambon"!!


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  • Au village, le huit mai , on fêtait la Saint-Ange:je me souviens, quand j'étais gamine, le curé venait faire la messe .
    Nous préparions un pique-nique .On partait tous ensemble , les gens de Pratu-Supranu nous rejoignaient en passant et nous allions à la chapelle de Saint-Ange au-dessus de Pratu-Supranu.

    Le chemin semblait court, car chacun racontait une histoire, une poésie; on chantait..
    Arrivés là-haut, le curé disait la messe, on sortait la statue .
    La croix en bois qui est toujours debout sur le rocher, avait été posée par Dominique Simoni.
    Ensuite , on mangeait sur l'herbe autour de la chapelle .
    Les enfants gambadaient partout .
    Après un petit repos , nous redescendions aussi gaiement .
    En cours de route , on faisait des bouquets d'orchidées sauvages , fleurs qui fleurissent à cette époque de l'année. Nous les appelons ici, les "fleurs de St -Ange".
    Les gens de Pratu-Supranu offraient un petit verre de vin aux gens, car c'était la fête du hameau . Et nous rentrions joyeux de cette belle journée.

     


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  • Traditionnellement, le mois de mai est l'époque où l'on tond les brebis. Autrefois, les bergers choisissaient chacun un jour de tonte et ils s'aidaient mutuellement.D'autres personnes se joignaient à eux.Cela était l'occasion de faire un bon repas tous ensemble , après le travail.

    Le berger se servait d'un instrument qui ressemblait à un mélange de ciseau et de sécateur: "a furbice". Chez nous , il y avait plusieurs bergers .Le lait des brebis était utilisé pour le fromage, le beurre... une tartine de crème de lait était un vrai délice!!

    La laine servait à faire les matelas des vêtements .Rien n'était jeté. Ma tante Marfise, nous racontait qu'étant, jeune, elle remontait le lait de "Canavaghjolu"(au fond de la colline) dans un seau qu'elle portait sur sa tête; et elle n'était pas la seule à le faire! et cela se faisait deux fois par jour!

    Quand on voit la côte qu'il faut grimper, cela semble incroyable. A présent, nous n'avons plus de bergers. Il n'y a presque plus de "tondeurs "expérimentés: on fait venir des professionnels du continent! -


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  • I pinzi di u vallu


    "Les petits fauteuils "les jeunes ont donné ce nom à ces rochers, car , effectivement on s'y asseyait très souvent.
    On surveillait les éventuelles voitures qui passaient sur la route en dessous , en espérant qu'elles arriveraient jusqu'au village: il en passait tellement peu à l'époque!!
    Une voiture qui arrivait au village: c'était l'évènement!!
    Le "pylone" aussi est important des générations d'ados ont gravé dessus des noms, des coeurs avec des initiales(???): c'était les tags avant l'heure!!
    il a dû en voir passer des amourettes de jeunesse!!
    Le vrai nom du lieu , c'est "I pinzi di u vallu"(les pointes de la vallée); de là, on a une vue imprenable sur toute la vallée .


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