• L'épicerie qui faisait la concurrence à trottinette , c'était celle des Colombani, Jean-Baptiste et Clémence !
    Ils étaient nombreux et chacun mettait la main à la pâte.

    Et ça criait et ça se disputait; Clémence menait son monde tambour battant tandis que Jean-Baptiste gardait toujours son calme.

    Ils tuaient les animaux pour la boucherie, sous le grand chêne au-dessus de la route (au culettulu), ou bien dans leur garage vers Cabanella.

    Les hommes de la famille portaient sur leur dos les carcasses des animaux jusqu'à la chambre froide; Félix , l'innocent, ne voulait pas toujours faire ce travail et il protestait parfois  en se plaignant à son père.
    La vie était dure et il n'y avait pas de place pour les sentiments!

    Benjamin aidait sa mère: il faisait la lessive (au lavoir), la cuisine, le ménage et surtout ne se laissait pas faire.

    Félix et Benjamin étaient au courant de tout ce qui se passait dans le village : Benjamin , derrière sa persienne épiait sans cesse ce qui se passait dans le village ( en plus, il louchait et on l'avait surnommé l'oeil de Moscou!!), tandis que Félix essayait de soutirer une cigarette aux uns et aux autres , et cherchait désespérément une fiancée !

    Le samedi soir en été , chez Colombani, il y avait le bal dans une salle qui servait pour cela.

    Lucette et Flora étaient mignonnes et les jeunes gens venaient nombreux pour leur faire la cour.
    Toute la jeunesse  allait danser, sous l'oeil méfiant de Jean-Baptiste qui les surveillait plus ou moins.
    Il y avait un vieux tourne-disques qui passait des tangos des pasos, des valses et les dernières danses à la mode!

    Quand Jean-Baptiste en avait assez du bruit et de la musique , il arrêtait tout et disait:
    "Allez, a dorme , o zitelli!!"
    et il mettait tout le monde dehors!

    pour le 15 août , c'était la foule: ils mettaient les tables dehors, même les parents venaient au bal, c'était la fêt e!
    Hélas, tout a une fin : les enfants se sont mariés et sont partis à la ville, les vieux sont morts et .... la guinguette a fermé ses volets!!


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  • Dans les années florissantes du village , il y avait deux commerces qui faisaient bar, épicerie, tabac et l'un d'eux faisait aussi boucherie.
    L'un des commerces était tenu par Jean-Baptiste et Clémence Colombani, l'autre par Toussainte et Marie Nasica.
    Cette dernière était surnommée "Trottinette" car elle n'arrêtait pas de trottiner et de remuer toute la journée:elle dirigeait son petit commerce d'une main de maître et tout le monde marchait à la baguette !
    Dans la grande salle qui faisait bar et épicerie, il y avait une table ronde dont la toile cirée était usée jusqu'à la corde et qui présentait des déchirures sur les bords.

    Trottinette, ne voulait pas entendre parler de la changer; elle ferait bien encore quelques années !

    Cette nappe fascinait les enfants , qui avaient bien envie de mettre un doigt dans les trous pour les agrandir!

    Elle vendait des caramels et à l'intérieur de ceux-ci , à certaines périodes, on pouvait gagner un autre caramel: lorsque cela arrivait, Trottinette, n'était pas du tout content ;! et c'est tout juste si elle ne mettait pas celui qui avait eu le toupet de gagner, à la porte du magasin !
    La vieille maman de Toussainte et Marie, passait ses journées , dans le coin de la cheminée, toute ratatinée, à regarder travailler ses filles et à parler avec les clients.
    Elle portait des chaussons tellement raccommodés qu'on ne savait même plus de quelle couleur ils étaient à l'origine.
    Il n'y avait pas de petits profits avec Trottinette !
    Et quand elle a disparu , son commerce a disparu avec elle.


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  • Mancecca était une vieille femme , veuve depuis "la nuit des temps".
    Elle ne se laissait pas marcher sur les pieds, et n'avait pas sa langue dans sa poche!

    Les enfants étaient ses ennemis jurés et ils le lui rendaient bien!!
    Elle ne supportait pas qu'ils jouent sur la place de la fontaine, car - prétendait-elle- ils empêchaient sa chèvre de dormir!!!

    Le pire, c'est quand les garçons jouaient au ballon: Mancecca se cachait derrière sa porte, et attendait que le ballon tombe dans sa cour: elle se précipitait pour l'attraper et le cacher !!

    Paul-Marc et Philippe, avaient beau la supplier , lui promettre de ne plus recommencer, elle refusait de rendre le ballon et se régalait de les voir attendre son bon vouloir!!

    Lorsqu'elle s'absentait pour aller au jardin , ils se précipitaient dans sa cour pour récupérer le ballon et recommencer à jouer.
    Alors, lorsqu'elle rentrait, elle prenait son bâton, et les menaçait des foudres de l'enfer tout en essayant de les frapper!!
    Paul-Marc et Philippe grimpaient sur les platanes , et la narguaient, mais ils ne descendaient pas avant qu'elle ne se soit décidée à partir!

    Pour le jour de l'an , c'était la trêve: les enfants allaient lui souhaiter la bonne année en espérant une petite pièce : mais chaque fois c'était la déception !

    Elle ne donnait que des biscuits rances que les enfants s'empressaient de donner aux chiens!!

    Lorsqu'il fallait passer dans les familles pour demander une bûche , afin de préparer le feu de Noël, elle refusait une fois sur deux d'en donner une!
    Aussi, dès qu'elle avait le dos tourné, les enfants lui en "volaient" une d'office.
    Ainsi, elle participait de gré ou de force au feu traditionnel ;

    Son mauvais caractère n'avait d'égal que l'acharnement des enfants à "l'embêter ,l'un expliquant sans doute l'autre !


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  • Dans les années soixante, il y avait onze élèves à l'école de Prato; l'institutrice était Marie-Françoise Simoni.

    L'école se trouvait dans la salle de mairie ,actuelle ;Il y avait une cheminée qui faisait une fumée d'enfer les jours où il y avait du vent; il fallait ouvrir toutes les fenêtres, pour ne pas mourir asphyxiés!!

    Ce qui fait qu'au lieu d'avoir chaud, les élèves et "la maîtresse," étaient complètement frigorifiés!!

    Le samedi après-midi, (à cette époque, il y avait la classe), c'était le jour de la promenade: les élèves partaient en rang, en chantant les chansons que la maîtresse leur apprenait.

    Et ils ramassaient du petit bois sec pour allumer le feu de l'école: chacun revenait avec son fagot sur l'épaule!

    Pendant les pauses , la maîtresse faisait jouer les enfants au jeu du proverbe: chacun faisait une phrase avec un mot du proverbe et un élève devait trouver à la fin de quel proverbe il s'agissait.


    Le jour où Antoine et Jacky ont commencé l'école, est resté dans la mémoire des enfants: aucun des deux ne comprenait un mot de français, et la maîtresse était obligée de leur parler corse pour se faire comprendre!

    Les autres élèves regardaient cela, les yeux ronds , se demandant d'où sortaient ces petits sauvages!!


    Mais, il y avait des moments plus durs: il fallait savoir ses leçons sur le bout des doigts, sinon gare aux coups de baguette sur les mains et aux centaines de lignes à faire!!!

    Quelques -uns n'oublieront jamais, les affluents du Rhin , ou la formule de la surface du rectangle, tellement, ils les ont copiés!!!!

    De gré ou de force , les enfants apprenaient et ...il en est resté quelque chose!!!

    Nous avons perdu notre "maîtresse" , au début de l'année et avec elle , c'est tout une époque qui disparaît!!!

    ( il y aura une vraie photo de la classe du village la semaine prochaine)


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  • Dans le haut du village, à Pratu-Supranu, nous avions un personnage très original :c'était Andriettu.

    Il vivait seul dans une vieille maison, se promenait tout le temps avec une musette qui avait connu des jours meilleurs.
    Il y mettait tout : ses cigarettes, ses casse-croûte, de petits outils, ce qu'il trouvait en chemin......

    Il vivotait grâce aux petits boulots que lui donnaient les gens du village: mais il avait un problème avec l'alcool; il ne pouvait pas résister devant un verre de vin ou devant un pastis!!
    Et , souvent , le soir, après une bonne journée de travail bien arrosée, on le voyait remonter par les sentiers, tant bien que mal, parfois à quatre pattes.et lorsqu'il ratait une marche, il s'écriait :"au poil!!!" (expression que lui avait apprise , Nicolas Rolles, et qu'il avait dû trouver à son goût!!!)
    Il avait la particularité de parler en vers: même quand il avait trop bu, il faisait des vers!!
    Ce qui était impressionnant pour les enfants, c'est qu'il avait des yeux d'un bleu extraordinaire, avec une petite lueur de folie, assez inquiétante;

    Un jour, il a voulu acheter une voiture, bien qu'il n'ait jamais appris à conduire!!
    Sans s'inquiéter (-"ce n'est pas ça qui va m'empêcher de conduire"!!se disait-il), il se met dans la voiture et part!

    Cela se passait à la Taverna, entre FRANCARDO et Ponte-Leccia, où il y a une belle ligne droite!
    Il a réussi à faire quelques centaines de mètres; mais au premier virage, il a continué tout droit!!
    -" Au poil !!" s'est écrié Andriettu
    Ainsi , la voiture a fini sa vie , à peine commencée; et Andriettu a continué à marcher à pieds!!!!
    Sacré Andriettu!


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