• Les leçons de morale, faisaient partie des cours obligatoires à l'école primaire, jusque dans les années soixante.J'ai l'impression , que je parle de temps préhistoriques!!
    La « maîtresse » nousavait fait une leçon sur la B.A. (la bonne action): il fallait qu'on fasse chaque jour, une BA et le lendemain à l'école, il fallait que chacun raconte sa BA de la veille.

    Quand on habite, un tout petit village il n'est pas évident de trouver chaque jour une BA, à faire!
    Il fallait se creuser la cervelle , et cela stressait un peu les enfants; car celui qui n'avait rien à dire le matin devant ses camarades, ne savait plus où se mettre!!

    Un jour , Nicole Rolles et Francine Fratacci, cherchaient justement quoi faire: et tout à coup , elles voient la vieille Vénéranda Colombani qui revenait péniblement par la place «  commune » avec son fagot de bois sur l'épaule.
    Vénéranda était une petite vieille toute courbée, qui faisait quand même, son jardin, ses petites affaires tranquillement et qui était parfois victime de petites blagues de la part des enfants.
    Par ailleurs , elle avait la réputation d'être extrèmement «  radine » , réputation en partie fondée, car à sa mort, ses neveux ont trouvé plein d'argent sous son matelas!!

    Mais , les gens à cette époque , n'étaient pas habitués à «  gaspiller «  l'argent et n'étant pas riches, ils avaient toujours peur de manquer de quelque chose!

    Nicole et Francine donc avaient trouvé leur BA du jour:elles se précipitent sur Vénéranda et lui proposent de porter son fagot de bois!
    Mais Vénéranda trouve cette gentillesse soudaine très suspecte!!Elle s'accroche à son fagot et ne veut pas le lâcher!
    - » Andate à spassu! Ô scrienzate! Lasciatemi stà!( allez vous promener! Malpolies! laissez_moi tranquille!)
    Et ainsi de suite!Pas moyen de lui faire lâcher son bois!!
    A la fin , Francine et Nicole, très déçues, s'en vont, avant qu'on ne les accuse d'embêter une vieille dame!!
    Et le lendemain matin , elles eurent du mal à faire croire à la « maîtresse » qu'on avait refusé leur bonne volonté!!!


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  • Il n'y a pas si longtemps, chaque famille avait son poulailler: on entendait chanter les coqs et ça ne dérangeait personne.Le jour de l'Ascension , on gardait précieusement l'oeuf pondu ce jour-là car il paraît qu'il protégeait la maison , de la foudre , si on le mettait sur le bord de la fenêtre, pendant l'orage.
    Un jour, Carlos décide de faire une « blague » à sa belle-mère Françoise Fratacci (Cecca):il prend les oeufs que les poules ont pondu et il les remplace par des oeufs d'autruche (qu'il avait ramenés de Djibouti).


    Un oeuf d'autruche fait , au moins , trois fois la taille d'un oeufs de poule!
    Il se cache près du poulailler avec quelques personnes pour voir la réaction de Cecca. Celle – ci a l'habitude de venir chercher ses oeufs avec un petit seau .
    Elle arrive donc, avec son chapeau ( elle avait toujours un chapeau sur la tête), et son petit seau; elle ouvre le poulailler, regarde dans le nid s'il y a des oeufs et on entend:
    - » Mi! mi !mi! Oh! Oh! « 
    Tout le monde a le fou rire.
    Elle met les oeufs dans son petit seau et s'en retourne au village, précédée par les plaisantins qui l'attendent devant sa maison, pour voir si elle va parler des oeufs.
    Elle, arrive, imperturbable, sans rien dire ; au lieu de rentrer chez elle, elle appelle sa voisine, Madeleine Rolles:
    - » Tu as vu les oeufs que mes poules ont pondu, aujourd'hui! »
    Madeleine, regarde et très étonnée ,admire les oeufs :
    - » Ah ! Ils sont beaux! Je n'en ai jamais vu d'aussi gros!! què p'allora!! »
    Et Cecca toute contente, rentre chez elle.


    La déception des plaisantins est à la mesure de leur blague!!Ils ne savent plus si elle a cru pour de bon que ses poules avaient pondu ces oeufs ou si elle a fait semblant d'y croire!!
    Un peu plus tard, à la maison Carlos Francine et les enfants essaient de savoir ce qu'elle pense de cet « évènement »:
    - » Vous croyez vraiment que je me suis laissée prendre??Je savais que c'était vous qui m'aviez fait cette blague! Mais j'ai essayé à mon tour de le faire croire à Madeleine!!! »


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  • Les corvées (22 mai 2007)



    Il n'y a " que 37 ans " que l'eau et le tout à l'égout ont été installés dans les maisons , au village.
    Et il y avait donc , la corvée de l'eau et ... des seaux hygiéniques!!( i cadini")!
    Il y avait trois fontaines, d'abord: une à Pratu- Supranu, une à Calanellu et la grande sur la place de la fontaine ,justement!
    Les gens de Casanova allaient à Calanellu;Tous les jours, il fallait aller chercher l'eau, à la fontaine;je me souviens, des vieilles femmes qui portaient le seau en équilibre sur la tête, souvent sans le tenir, les mains sur les hanches; c'était extraordinaire: il ne tombait jamais!
    Les rares fois où on a essayé, on a tout renversé!!
    On ne gaspillait pas l'eau à cette époque! Les gens prenaient le bain le samedi ou le dimanche matin : il fallait être propre pour mettre les habits du dimanche et pour aller à la messe!
    Pour la lessive , il y avait le lavoir et la lessiveuse dans laquelle on faisait bouillir l'eau pour laver le linge;
    Il n'y avait pas de" paic citron" pour faire briller la vaisselle: aussi il y avait plusieurs méthodes pour nettoyer les casseroles: l'eau chaude servait à éliminer la graisse et ensuite , il fallait frotter avec du sable pour les blanchir!
    Mais le pire, c'était la corvée des "cadini"! Evidemment la corvée revenait aux femmes et aux filles!! On allait les vider à la petite croix et vers le cimetière.
    On partait avec le cadinu et un broc d'eau: les filles avaient surtout peur qu'un garçon, les voie avec la cadinu à la main: c'était la honte!!
    Alors, avant de sortir de la maison , il fallait regarder si la voie était libre, si aucun garçon ne traînait dans le coin ; et on se dépêchait d'accomplir cette corvée, et de rentrer à la maison , en courant presque, et en pestant contre les mamans qui les obligeaient à faire cela!!
    Quelquefois, on y allait en groupe; c'était moins ... traumatisant!Et surtout là, c'était plutôt les garçons qui faisaient les timides!!
    Mais c'était aussi l'occasion , de parties de rigolades mémorables!!
    Toute cette convivialité a disparu avec le progrès!!


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  • les rochers

    Notre village étant en en montagne, il y a des rochers un peu partout.
    Chaque rocher porte les souvenirs des habitants .Qui n'a pas grimpé sur l'un d'eux étant enfant?
    Dans le village, sur le bord de la route, il y a " le rocher".Quand vous dites à un pratais , par exemple:" je me gare près du rocher" , il sait tout de suite de quel rocher il s'agit! Même EDF, qui envoie des lettres avec l'adresse : M" Untel " près du rocher"!!
    Ce rocher est patiné par les mains et les fonds " de culotte" de plusieurs générations d'enfants et d'ados qui y ont grimpé et qui s'y sont assis!
    Et cela continue.S'il prenait l'envie au maire de le faire raser pour élargir la route, il y aurait une émeute!!!
    Il est sacré!!
    Ensuite, il y a celui " di i pinzi di u vallu" ; les continentaux disent :" les petits fauteuils", car , effectivement, on peut s'y asseoir. De là, on domine toute la vallée de Canavaghjolu et la route qui monte à Popolasca .
    Dans les années soixante, on guettait chaque voiture qui montait par là , et qui peut-être viendrait jusqu'au village (la route vers Francardo n'existait pas encore); et les voitures étaient rares!
    Près de ce rocher, il y a un pylone: de tous temps , depuis qu'il existe, les jeunes y ont gravé des coeurs avec leurs initiales , leur prénom....
    des mots..
    Un peu plus loin , il y a le rocher du " petit bassin". Quand on s'y asseoit, on a presque les pieds dans le vide!!C'est souvent sur ce rocher qu'on fait une pose lorsqu'on se promène ..
    Plus, loin , sur la route "du col" , se trouve un grand rocher qui surplombe la route: "u mazzone di a saveta"( le rocher de la foudre);On y arrive par un joli sentier que les vaches entretiennent!! Dans les années cinquante, ce sentier était un lieu de promenade pour les élèves qui allaient y ramasser du petit bois pour la cheminée de l'école.
    Il ne faut pas avoir le vertige pour grimper là- dessus ! Ce rocher aussi en a vu passer des générations de jeunes qui ne craignaient ni la foudre ni le précipice !
    Et n'oublions pas celui qui domine le village:" u cimone" ( La grande cime) : c 'est presque une excursion pour y aller : il faut de bonnes chaussures , mais quel plaisir des yeux lorsqu'on y est!!
    Nos rochres font partie de l'histoire du village et on les aime ... presque comme des êtres humains.... car ils ont une âme!!


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  • Dans les années soixante, il n'y avait pas beaucoup de voitures dans nos villages ; aussi, les gens marchaient beaucoup;(ils faisaient du sport sans le savoir, comme Mr Jourdain faisait de la prose sans le savoir!)
    Chaque village a sa fête: chez nous , c'est le 15 août ; à Popolasca , c'est le 8 septembre et à Castiglione, c'est le 29 septembre.

    Pour rien au monde, les jeunes gens (filles et garçons) n'auraient manqué cela!
    Pour les garçons, c'était facile, mais les filles avaient plus de mal à obtenir l'autorisation d'aller à la fête: il fallait absolument trouver "un chaperon" pour les surveiller!

    Alors, pour avoir le consentement, des parents, on leur disait qu'il fallait absolument qu'on chante à la messe(Grâce à Mado Mariotti et à Simone, il y avait une mini- chorale au village): Dany, Nicole Francine, Maryse, Marie-Josée, Dany la toulonnaise...Le seul homme, c'était Fanfan Nasica.

    On partait donc , à la suite du curé; (et avec les frères ou les jeunes filles plus âgées).Chacune mettait sa plus belle robe ; les chaussures à talon étaient mises dans un sachet; et on partait à pieds.
    Il y a 5km jusqu'à Popolasca;on les faisait en chantant.
    A cent mètres du village, on mettait les "talons", et on cachait les vieilles chaussures dans le maquis.
    Après la messe nous étions invités chez les
    habitants du village.

    Il n'y avait pas de "toilettes" à l'époque: pour les commodités, il y avait juste un seau hygiénique dans une chambre!!
    Il y avait de sacrées parties de fou-rire, avec le seau!!Sinon, il fallait aller dans le maquis!
    Et puis, il y avait le bal, moment tant attendu!!

    Cela se passait chez les Costa: Jean-Fleur et Catherine tenaient un bar tabac, boucherie , restaurant et dancing!

    Là, les filles et les garçons retrouvaient les francardais, les castiglionais, et bien sûr, les popolascais!

    On dansait jusqu"à minuit; puis, on repartait à pieds , après avoir récupéré les vieilles chaussures, pour marcher plus à l'aise.

    Et on rentrait en chantant, la tête pleine de rêves et de regrets!


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