•  

    Au départ du village , il y a plusieurs sentiers que nos ancêtres ont patiemment tracés , qui leur servaient pour aller travailler à la campagne.
    Nous avons le"Licciaghju" qui monte à Pratu-supranu, tout ombragé par des chênes ;c'était un lieu de jeux pour les enfants et les ados actuels ont fabriqué une "cabane" en équilibre sur un vieux chêne.Ils s'y retrouvent l'été: ils l'ont meublée de bric et de broc et l'entretiennent amoureusement!
    Ce sentier se continue vers la "seccia": autrefois, il y avait des jardins à cet endroit, et une source qui est presque complètement enfouie sous le maquis.
    Ensuite, en partant du cimetière, il y a le sentier qui va à santa Maria;là aussi , il y avait beaucoup de jardins, des arbres fruitiers(les fruits de Prato étaient réputés et les villageois allaient les vendre à la foire de Casamaccioli au Niolo.

    Il reste quelques bassins , vestiges du passé, et on arrive à la petite chapelle de sainte Marie qui est à présent plutôt abîmée par le temps;on y faisait la messe une fois par an .Sur la porte, on peut encore lire les inscriptions de tous ceux qui passaient par là pour s'y réfugier, lors d'un orage, ou pour s'y reposer.
    Certaines datent de 1930!

    Il y le sentier qui descend à la tour génoise: celle-ci est toujours debout; elle vient d'être un peu restaurée: c'est une des rares tours qui soient à l'intérieur des terres.
    Le sentier se continue vers les "Line" où se trouvent quelques maisons en ruine et les vestiges d'un ancien château .c'était l"ancien village ; le château servait de résidence d'été aux évêques d'Omessa, les Colonna .
    On peut voir encore les "canalisations qui servaient à évacuer les "toilettes"; il y a des cuves qui servaient à faire le vin .
    On peut "voir" comment vivaient les gens à cette époque! ( à suivre)


    votre commentaire
  • Je vais vous parler d'un de nos facteurs qui a pris sa retraite vers 1992.
    Il s'appelle Ange et je crois que , rarement un facteur a fait autant l'unanimité, parmi la population des villages qu'il desservait.
    Ange, arrivait toujours dans le village, en chantant et en klaxonnant: il avait une belle voix et c'était un plaisir de l'entendre!Il était toujours de bonne humeur ; pourtant lui aussi avait ses problèmes comme tout un chacun mais il gardait le moral.Et c'était communicatif: quand il arrivait en fanfare, les gens avaient le sourire , et se pressaient autour de sa voiture !


    Il rendait service à tout le monde: il apportait les médicaments aux personnes âgées,remplissait leurs mandats, leur expliquait avec patience, ce qu-ils ne comprenaient pas.
    Ange, n'était jamais pressé: il discutait avec les gens, acceptait volontiers de boire un petit apéritif en passant : il connaissait toutes les familles, les enfants, à qui il donnait toujours des bonbons.Il les mettait dans sa voiture à l'arrière et les emmenait faire la tournée avec lui dans le village!
    Ils l'adoraient et maintenant qu'ils sont adultes, ils évoquent encore ces souvenirs avec grand plaisir.
    Il mettait de l'ambiance , et chacun savait que le facteur était là, en entendant le klaxon ,d'en haut jusqu'en bas du village.


    Il a soigné sa femme pendant plusieurs années sans jamais se plaindre; le jour où il a pris sa retraite, tous les gens des villages du coin étaient absolument désolés, car on savait qu'un facteur comme lui, on n'en aurait plus!!!
    Maintenant, il profite de sa retraite bien méritée et il cultive son jardin comme un sage qu'il est.
    Mais de temps en temps, il refait sa tournée pour saluer tous les amis qu' il n'a pas oublié et qui ne l'ont pas oublié.


    4 commentaires
  • Donc aujourd'hui nous évoquerons Félix, le frère de Benjamin.
    Félix et sa casquette toujours vissée sur la tête:son rêve était de posséder un képi!!Il demandait sans arrêt ,d'abord à mon père qui était gendarme, puis à Carlos qui était dans la légion , de lui donner un képi!! Et un jour, on lui en a donné un !! Il se promenait avec son képi, un sourire jusqu'aux oreilles et il se faisait admirer par les femmes!!
    Félix, à l'inverse de Benjamin, ne travaillait pas dans la maison .Lui, c'était l'homme de peine: il portait sur son dos les quartiers de boeuf pour la boucherie.Il aidait à tuer les bêtes, il charriait le bois ; toutes les tâches dures étaient pour lui.
    Il n'avait pas la vie facile:de temps en temps, il se révoltait en criant et en menaçant de tuer ses frères qui le faisaient travailler! Mais , il se calmait vite et n'a jamais fait de mal à personne.
    Félix adorait fumer! Il demandait toujours des cigarettes aux gens : sa mère ne lui en donnait pas beaucoup car le médecin ne voulait pas qu'il fume.
    Alors, lorsqu'il apercevait un paquet de cigarettes oublié sur un siège de voiture, il se servait! Les gens faisaient semblant de le gronder!
    C'est lui qui voulait aider à porter la statue , lors des processions: personne ne pouvait prendre sa place!
    Lorsque Félix de Popolasca ( un autre «  innocent ») venait à la messe au village , ils se disputaient tous les deux pour la statue et parfois , il fallait que le curé se mette en colère pour les calmer!!
    Malgré sa vie dure Félix riait tout le temps: il demandait à toutes les jeunes filles si elles voulaient l'épouser!


    Si l'une d'elle lui répondait oui, il racontait partout qu'il était fiancé!! et il était heureux car il y croyait ferme!!
    Benjamin et Félix faisaient partie du village: ils passaient une bonne partie de leur temps sur la route; dès que quelqu'un arrivait , ils se précipitaient et voulaient tout savoir sur la personne: en échange, ils lui donnaient tous les renseignements qu'elle désirait ; après c'était à elle de faire le tri!!
    Quand, on voulait savoir quelque chose, on demandait à Félix et Benjamin!!
    Hélas, eux aussi sont partis , l'un définitivement; l'autre habite chez sa soeur .Le village a eu du mal à s'habituer à ne plus les voir se promener sur la route


    votre commentaire
  • Je vais vous parler de Benjamin et Félix: particulièrement de Benjamin ,aujourd'hu i!
    C'était deux frères , l'un plutôt brute , mais très gentil et l'autre Benjamin , effeminé mais avec son caractère !
    Benjamin , faisait tout à la maison , la lessive(au temps où la machine à laver n'existait pas ), la cuisine , le ménage, le repassage .
    Il n'hésitait pas à se disputer avec les femmes pour avoir sa place au lavoir!

    Il adorait danser, surtout les «  paso-doble » : il invitait toutes les femmes à tour de rôle et chacune se dévouait pour faire une danse avec lui.Il fallait le voir, danser fier comme Artaban: toute la salle était pour lui et immanquablement , à la fin de la danse , il mettait un genou à terre devant sa cavalière!
    Un jour, dans son élan, il a trébuché, il est tombé entraînant sa cavalière dans sa chute: il s'est relevé aussitôt et il est parti en courant craignant la colère du mari !!on ne l'a plus revu de la soirée!

    Les enfants bien sûr « l'embêtaient « de temps en temps; mais quand il s'énervait , ils partaient en courant car il donnait facilement des claques!!
    L'été, le grand plaisir de ceux-ci était d'organiser une course avec Benjamin et Félix sur la route!
    Benjamin était quand même malin: à mi-chemin du parcours, il faisait demi-tour pour arriver le premier!

    Sa passion était de servir la messe et de porter la croix en tête de la procession.
    Pendant que le curé parlait, il regardait l'assistance , les bras croisés et là c'était terrible: le regard de Benjamin, (il louche) , déclenchait des fous- rires , parmi les jeunes surtout! De plus , il chantait faux!
    Les bagarres avec les enfants, pour porter la croix , étaient épiques!!Il ne voulait pas céder sa place et les processions se faisaient presque en courant, les enfants lui disant d'accélérer!!Car les processions étaient organisées de la sorte: Les enfants (et Benjamin) avec la croix puis les femmes et enfin les hommes avec la statue.


    Il promenait souvent le chien de sa soeur: il s'appelait Pénélope: c'était un petit basset qu'il tenait en laisse: de temps en temps, Benjamin se mettait à courir et comme Pénélope n'arrivait pas à suivre il le soulevait au bout de la laisse : on ne sait si le chien était heureux ou non de ce traitement car il aboyait beaucoup!!
    Le plus grave, c'est qu'il promenait aussi son neveu dans le landau quand celui-ci était petit: il donnait de l'élan au landau et il le lâchait sur la route!!Il courait derrière pour le rattraper!! Les gens avaient beau l'engueuler, il recommençait régulièrement!!
    Benjamin et Félix  faisaient partie du village ; leur départ a causé un vide .
    Mais ils faisaient partie du charme du village et on les aimait bien!


    votre commentaire
  • Dans les années cinquante, chez nous, il était assez mal vu qu'une femme puisse fumer comme un homme.Pourtant, il existait sûrement des femmes que la cigarette attirait.Alors comment faire?

    Je me souviens une vieille femme , Ghjaseppa Simoni,, habillée à la manière ancienne:jupe longue, foulard sur la tête toujours en noir.
    Elle avait une particularité: elle aimait le tabac!

    Pour rien au monde, elle n'aurait avoué cela : mais, tout le village était au courant(il est difficile de cacher quelque chose dans un petit village! C'est comme une famille: il y a des histoires , des secrets (de Polichinelle, ), des drames des réconciliations et de la solidarité.

    Donc, Ghjaseppa, aimait « priser »: cela consiste à se mettre un peu de tabac dans les narines et à aspirer.
    Dès qu 'elle apercevait un mégot par terre , elle s'approchait ,elle faisait semblant de se gratter la cheville ou d'attacher sa chaussure , elle jetait un oeil à droite, à gauche et hop! Elle s'en emparait et se le mettait dans la poche!!

    Ensuite , quand elle était seule, (ou se croyait seule, elle le défaisait et se mettait un peu de tabac dans le nez!

    Evidemment, les enfants avaient repéré son manège!Aussi ils ne rataient pas une occasion pour l'embêter, la pauvre vieille!
    Leur jeu favori était d'attacher un mégot avec un bout de fil, de se cacher et d'attendre l'arrivée de Ghjaseppa:quand elle essayait d'attraper le mégot, ils tiraient sur le fil et le mégot avançait; elle ne se décourageait pas et essayait encore de l'attraper ! Jusqu'à ce qu'elle comprenne qu'on lui faisait une farce!!

    Alors là, elle se mettait en colère , et nous traitait ( car j'y étais aussi) de tous les noms d'oiseaux possible!!
    Et nous étions très contents de lui avoir joué ce tour! Les enfants sont cruels parfois!!, Mais cela ne l'a jamais découragée!! Elle a continué jusqu'au bout à pratiquer son péché mignon!!


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique